La Galerie Hadjer prête six œuvres à l’exposition « Fernand Léger. Corps en fête, monde en couleurs », présentée au Cateau-Cambrésis du 17 octobre 2026 au 31 janvier 2027.
La tapisserie et la céramique occupent une place singulière dans l’œuvre de Fernand Léger. Elles répondent à l’une de ses préoccupations les plus constantes : inscrire la couleur dans l’architecture et dans les lieux de la vie collective. La tapisserie lui offre l’échelle du mur. Avec la céramique, le dessin se déploie en relief et la couleur épouse les volumes. Les œuvres prêtées par la Galerie Hadjer permettent de suivre cette recherche d’un matériau à l’autre.
Parmi les tapisseries d’Aubusson, Les Cyclistes reprend un thème emblématique de Léger, celui des loisirs populaires. La bicyclette l’intéresse autant pour la liberté de mouvement qu’elle évoque que pour les formes qu’elle introduit dans la composition. Le cercle d’une roue répond à la courbe d’un bras, les obliques du cadre rythment le groupe. Déployée sur plus de trois mètres de largeur, la scène garde la familiarité d’une sortie à vélo tout en prenant les proportions d’une fresque.
Les Musiciens retrouve un autre grand sujet des années 1930, celui des figures réunies pour jouer ensemble. Quelque vingt ans plus tard, dans São Paulo, Léger détache les instruments des corps. Les trois figures aux bras levés occupent le haut de la tapisserie, tandis que les instruments se croisent dans la partie basse. De larges plans de couleur relient ces deux groupes dans une composition conçue à l’origine pour l’auditorium de l’opéra de São Paulo. Ces tapisseries témoignent du rôle des ateliers Pinton et d’Yvette Cauquil-Prince dans l’interprétation textile de l’œuvre de Léger.
Avec Le Jardin d’enfants, réalisé avec le céramiste Roland Brice, cette ambition prend une forme sculpturale. À mesure que l’on tourne autour de la pièce, les contours se rejoignent puis se séparent et les rapports de couleur se recomposent. Le mouvement qui traverse Les Cyclistes se prolonge ici dans le regard et le déplacement du spectateur.